Etude CampusFrance 2017 : l’Europe communautaire au premier rang de la mobilité des étudiants africains

africa-paxter-icsia-sL’étude de la mobilité étudiante revêt une importance particulière dans le contexte de l’internationalisation de l’enseignement supérieur ; le ratio entre le nombre total des étudiants qui étudient à l’étranger sur le pourcentage total des étudiants (au même niveau d’éducation), outbound mobility ratio, fait d’ailleurs partie des objets analysés systématiquement par l’institut des statistiques de l’UNESCO (ISU), à l’échelle mondiale. Il s’agit d’un objet paradoxal, qui peut être présenté comme vecteur d’intégration régionale et facteur de développement, mais aussi comme la manifestation d’un phénomène de brain drain[1].

CampusFrance a récemment publié une note régionalisée sur le sujet, qui se concentre sur la « mobilité internationale des étudiants africains ». Elle donne un éclairage particulier sur cette zone d’où vient un étudiant sur 10 à l’échelle mondiale. Parmi les zones de destination de ce flux de mobilité étudiante, il est intéressant de noter que, si l’Europe communautaire reste au premier rang, elle enregistre une baisse de 57,4 % à 49,1 % dans la proportion des étudiants accueillis (page 4). Cette baisse profite notamment à la mobilité intracontinentale, le continent africain connaissant quant à lui une augmentation de 5 % (de 14,7 à 19,9 %) sur cette même période.

Cette évolution s’accompagne de l’apparition de pôles régionaux pour l’enseignement supérieur, au premier rang desquels se trouve l’Afrique du Sud qui représente à elle seule 48 % du flux intracontinental. A côté de ce géant, d’autres pôles secondaires sont en émergence, parmi lesquels l’Ile Maurice, dont le nombre total d’étudiants étrangers accueillis dans le supérieur avoisine, en pourcentage de la population scolarisée dans le supérieur, celui de son voisin sud-africain (4% contre 4,2%)[2]. Au début des années 2010, le gouvernement mauricien a en effet exprimé sa volonté de positionner ce territoire, dont la trajectoire de développement partage, dans un contexte africain, un grand nombre de caractéristiques avec celle de Singapour, comme un hub régional pour l’enseignement supérieur, principalement tourné vers l’Océan Indien et l’Afrique orientale et australe. L’analyse complémentaire de l’Institut des Statistiques de l’UNESCO (ISU), à l’échelle de la SADC (Southern African Development Community), précise les caractéristiques des flux de la mobilité étudiante intracontinentale pour l’année 2012[3] en signalant que les formations privilégiées sont en commerce et gestion, en sciences sociales, en droit et en éducation. Cette région est d’autant plus intéressante que le taux de mobilité étudiante y est élevé (5,8 % en 2009, contre 4,9 % en moyenne en Afrique sub-saharienne et 2 % en moyenne dans le monde). Ceci peut résulter d’un effort ancien pour faciliter la mobilité (article 7 du SADC Protocol on Education and Training de 1997[4]).

La mobilité des enseignants et des étudiants dans un espace africain de l’enseignement supérieur sera facilitée par la mise en œuvre de la « convention sur la reconnaissance des études et des certificats, diplômes, grades et autres titres de l’enseignement supérieur dans les Etats d’Afrique » (convention d’Arusha de 1981, révisée à Addis-Abeba le 12 décembre 2014[5]). La construction de cadres nationaux et régionaux de certification fondés sur les acquis d’apprentissage (national and regional qualification frameworks) peut y contribuer.


[1] On retrouve ce double aspect dans la communication publiée à l’issue de la conférence mondiale sur l’enseignement supérieur en 2009, dans laquelle l’UNESCO s’engage à « encourager la mobilité et les échanges internationaux d’étudiants et d’enseignants tout en élaborant des stratégies pour remédier à l’impact négatif de l’exode des compétences ».

[2] Institut des Statistiques de l’UNESCO, http://www.uis.unesco.org/Education/Pages/international-student-flow-vizFR.aspx

[3] http://www.uis.unesco.org/FactSheets/Documents/ib7-student-mobility-2012-en.pdf

[4] http://www.internationaldemocracywatch.org/attachments/125_SADCProtocolonEducationandTraining.pdf

[5] http://portal.unesco.org/fr/ev.php-URL_ID=49282&URL_DO=DO_TOPIC&URL_SECTION=201.html

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