Transformer les universités françaises

L’Institut français de l’éducation (IFE) et l’Ecole normale supérieure de Lyon ont publié en mars 2017 un rapport de veille sur les Transformations des universités françaises. Il permet d’identifier les « lignes de forces » se dégageant des travaux menés sur cette problématique, en France comme à l’étranger. Ils apportent des éclairages différents aux décalages entre les évolutions en cours et une vision théorique reposant encore sur « le mythe humboltien de l’unicité de la recherche et de l’enseignement ».

L’internationalisation de l’enseignement supérieur apparaît ainsi comme un facteur de transformation des Universités. Elle s’est manifesté par le processus de Bologne pour la construction d’un espace européen de l’enseignement supérieur et par le développement des classements internationaux dont les indicateurs « ne fournissent que peu d’indication sur la qualité de la mission de formation des universités, sauf à considérer qu’une recherche excellente produit mécaniquement un enseignement de qualité. »

En France comme dans d’autres pays, ces transformations se traduisent par une mutation organisationnelle liée au new public management : diminution de l’intervention gouvernementale, professionnalisation du management, développement des démarches qualité, diversification et contractualisation des sources de financement. Cette nouvelle approche a un impact sur la gouvernance des universités, qui se caractérise par une « centralisation des décisions autour d’équipes présidentielles en cercles concentriques », et sur les conditions d’apprentissage des étudiants : « cela a conduit à revaloriser la pédagogie de l’enseignement et le management de l’enseignement, pour mieux satisfaire les étudiants considérés comme des clients importants des universités. »

Le développement récent de la pédagogie universitaire, renforcé par l’arrivée massive de nouvelles technologies, illustre le renforcement de l’enseignement, avec la création de centres de ressources et de dispositifs de formation des enseignants, plus ou moins formels. L’évaluation des enseignants, qui reste polémique, peut contribuer au développement d’une approche réflexive des pratiques pédagogiques, levier essentiel de la professionnalisation. Professionnalisation qui reste un sujet très sensible, à l’image de l’introduction de programmes établis dans une approche par les compétences.

Le rapport de veille IFE/ENS apporte un éclairage précieux et synthétique sur ces facteurs de transformation des universités françaises. L’impact de la formation tout au long de la vie, avec le développement d’une offre de formation continue, est un autre facteur qui devrait conditionner l’évolution des organisations universitaires dans les prochaines années.

Vous pouvez le télécharger ici : http://ife.ens-lyon.fr/ife/actualites/fichiers/rapport-shs-mars-2017


Crédit photo niroworld
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