ÉGALITE HOMMES/FEMMES DANS L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR : LES NOUVEAUX ENJEUX

Argentine, Algérie, et Thaïlande : ces trois pays à revenus intermédiaires, situés sur trois continents différents, affichent les trois plus forts taux de féminisation dans l’enseignement supérieur. Ce résultat qui figure parmi les données de PAXTER NEXT15years, site d’information et d’aide à la décision pour la stratégie des établissements d’enseignement supérieur, illustre bien la nécessité d’une information statistique fiable pour discerner les véritables enjeux dans le secteur. En effet, on peut dire que l’accès des femmes à l’enseignement supérieur ne constitue plus un enjeu dans la majorité des pays du monde actuellement.

Argentine, Algérie, et Thaïlande : ces trois pays à revenus intermédiaires, situés sur trois continents différents, affichent les trois plus forts taux de féminisation dans l’enseignement supérieur. Ce résultat qui figure parmi les données de

PAXTER NEXT15years, site d’information et d’aide à la décision pour la stratégie des établissements d’enseignement supérieur, illustre bien la nécessité d’une information statistique fiable pour discerner les véritables enjeux dans le secteur. En effet, on peut dire que l’accès des femmes à l’enseignement supérieur ne constitue plus un enjeu dans la majorité des pays du monde actuellement.

PAXTER NEXT15years recense les statistiques les plus importantes concernant l’enseignement supérieur dans 66 pays correspondant à 90% de la jeunesse mondiale. En particulier, le taux d’accès global à l’enseignement supérieur et le taux de féminisation de celui-ci sont recensés.

L’Argentine, l’Algérie et la Thaïlande présentent des taux d’accès à l’enseignement supérieur de respectivement 80,1%, 35,9% et 53%, soit de très grandes différences entre un taux très élevé, un taux relativement faible et un taux moyen d’accès des jeunes d’une classe d’âge à l’enseignement supérieur. Mais avec des proportions de femmes dans l’enseignement supérieur de 61%, 59,7% et 58,3%, ces pays illustrent bien une des tendances actuelles de l’enseignement supérieur, celle de la surreprésentation des femmes parmi les étudiants.

Pourquoi cette étude permet-elle de dire que l’accès des femmes à l’enseignement supérieur n’est plus un enjeu ?

Dans les deux tiers des pays étudiés, le taux de féminisation dans l’enseignement supérieur est supérieur à 45%.

Une analyse plus précise révèle que dans les 22 pays où la proportion de femmes dans l’enseignement supérieur est faible, l’enjeu n’est pas seulement l’accès des femmes à l’enseignement supérieur mais bien l’accès des jeunes, quel que soit leur genre, aux études supérieures : en effet, tous ces pays où la proportion de femmes est inférieure à 45% sont des pays où le taux d’accès à l’enseignement supérieur est inférieur à 15%., soit un taux très faible.  Ces pays sont principalement situés en Afrique. Parmi ces pays, seuls quelques-uns à l’économie gonflée par les revenus pétroliers ont un PIB/Hab supérieur à 4000$. On observe donc que tous les pays riches ou à revenus intermédiaires étudiés, ainsi que nombre de pays considérés comme pauvres arrivent à une réelle féminisation de l’enseignement supérieur : il est donc raisonnable de penser qu’on observe un phénomène de consensus sur le sujet et que, dans le monde, la bataille pour l’accès des femmes à l’enseignement supérieur est en passe d’être gagnée, sous réserve que la bataille contre la pauvreté le soit.

Est-ce à dire que l’égalité des genres est acquise dans l’enseignement supérieur ?

 

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En matière d’égalité des genres, on s’est pendant très longtemps focalisé sur les femmes. Se poser la question à partir des hommes change le regard : dans l’étude PAXTER NEXT15years, on dénombre 14 pays où en 2014 ou 2015, la proportion des hommes dans l’enseignement supérieur est inférieure à 45% ; les inégalités de genre dans l’accès à l’enseignement supérieur y sont donc en quelque sorte « inversées ». Ces pays sont répartis sur tous les continents, et peuvent avoir des revenus intermédiaires ou des revenus élevés.

Les enjeux soulevés par ces statistiques, issues de données officielles et révélées par PAXTER NEXT15years, sont confirmées par de nombreuses études complémentaires plus locales.

  • Aux États-Unis en 2015, 72,5% des jeunes femmes qui avaient terminé le cursus de l’enseignement secondaire s’étaient inscrites dans l’enseignement supérieur, contre seulement 65,8% des jeunes hommes.[1]
  • Les femmes canadiennes de 25 à 64 ans ont 17% de chance supplémentaires d’être diplômées de l’enseignement supérieur que leurs homologues masculins. [2]
  • Pour l’ensemble de l’UE et tout diplômes confondus, les statistiques européennes font état de 57,9% de femmes parmi les diplômés de l’enseignement supérieur en 2014. [3]

En matière d’égalité des chances entre hommes et femmes, il est sans doute nécessaire de prêter également attention à ce déficit d’hommes qui affectent beaucoup de pays et semble concerner particulièrement les catégories les plus pauvres de la population. [4]

 

Anne Righini

 

 

[1] (https://www.theatlantic.com/business/archive/2017/11/gender-education-gap/546677/ (consulté le 11 juin 2018)

[2] (https://www.conferenceboard.ca/hcp/Details/education/gender-gap-tertiary.aspx?AspxAutoDetectCookieSupport=1 consulté le 11 juin 2018)

[3] (http://ec.europa.eu/eurostat/documents/2995521/7535602/3-29062016-AP-FR.pdf/86915424-67f4-4223-9ffc-f04a06f8e7c9 consulté le 11 juin 2018)

[4] (https://www.theatlantic.com/business/archive/2017/11/gender-education-gap/546677/ consulté le 11 juin 2018)

 

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