CINQ SPECIFICITES DES GRANDES ECOLES FRANÇAISES CREATRICES DE VALEUR SUR LA SCENE INTERNATIONALE

Il est en France de bon ton d’expliquer que notre système d’Enseignement Supérieur est tellement particulier qu’il est incompréhensible à l’échelle internationale. Et d’en prendre pour exemple l’existence simultanée d’Universités, de Grandes Écoles et d’Organismes Nationaux de Recherche … Spécificité qu’il serait donc urgent de gommer pour nous ramener à « la » norme internationale…

Or ce sont souvent les mêmes commentateurs qui se réjouissent de l’attractivité à l’échelle internationale de ce système puisque la France reste au quatrième rang mondial pour l’accueil d’étudiants étrangers…

Comment comprendre que ce système réputé « incompréhensible » soit aussi attractif ? En remarquant simplement que les Grandes Écoles, loin de nuire à l’attractivité de l’ensemble, sont en réalité la composante de notre enseignement supérieur la plus active et la plus développée, et de très loin, à l’international, comme le montrent quelques chiffres-clefs :

  • alors que les Grandes Écoles délivrent environ 40% des diplômes donnant en France le grade de master,
  • près d’un quart de leurs étudiants sont internationaux (la moyenne nationale étant à 12%),
  • et elles ont déjà créé une quarantaine d’implantations dans des pays étrangers.

Elles sont donc dès maintenant l’un des fers de lance de notre enseignement supérieur, par leur présence à l’international et le niveau de priorité qu’elles lui accordent, et par la réputation et  l’expérience qu’elles ont ainsi acquises.

À quoi tiennent ces succès ? Notre expérience confirme que la raison principale en est le caractère éminemment professionnalisant des formations délivrées par les Grandes Écoles, sans concession sur l’excellence dans le champ disciplinaire choisi par l’étudiant, mais en allant très au-delà. Ce caractère se décline en cinq spécificités.

La première spécificité est justement cette volonté de se projeter à l’international. Elle résulte du constat fait par les Écoles dès les années 80 que les carrières allaient devenir internationales et qu’il fallait donc introduire cette dimension dans la formation. Elle est facilitée par leur capacité à monter des formations de qualité pour un coût souvent plus faible que leurs concurrents étrangers, car elles ont l’habitude de vivre, comme du reste tout l’enseignement supérieur français, avec des ressources limitées.

La deuxième spécificité est la proximité organique des Écoles avec les entreprises :

  • proximité institutionnelle puisque les entreprises sont très présentes, et parfois majoritaires, dans la gouvernance des Écoles, et notamment dans leurs conseils d’administrations et leurs comités d’orientation ou conseils de perfectionnement ;
  • proximité fonctionnelle puisque les entreprises sont très présentes dans l’enseignement et l’orientation des élèves, par le biais des projets, des sessions de découverte et d’échange, des formations aux métiers (par opposition aux disciplines) et des stages, et par le très grand nombre de vacataires issus du monde professionnel qui y interviennent.

À ce sujet, toutes celles et ceux qui connaissent l’international le savent : la présence dans nos cursus de stages en entreprise obligatoires est une très forte spécificité française, qui n’a pas d’équivalent à l’étranger. Et qui contribue très fortement à notre réputation : les Grandes Écoles françaises « savent » travailler avec les entreprises dans le domaine de la formation et nos partenaires internationaux ne se privent pas de nous dire qu’ils envient ce savoir-faire.

La troisième spécificité est l’ouverture des formations proposées. Les étudiants acquièrent une excellente connaissance de leur champ disciplinaire mais aussi une large ouverture sur de nombreux champs connexes. Cela va leur permettre d’aborder les problèmes dans toutes leurs dimensions et dans toute leur complexité. Et donc de proposer des solutions plus optimales que ne le feraient des spécialistes « pointus ». Il va s’agir d’autres disciplines scientifiques, mais aussi des sciences de l’entreprise et des sciences humaines et sociales, enseignements souvent fondés sur des mises en situation et sur l’enrichissement d’expériences personnelles.

Cette troisième spécificité contribue fortement à un autre aspect de notre réputation : la capacité intégratrice reconnue de nos diplômés.

Celle-ci est rendue possible par une quatrième spécificité : le cycle préparatoire de deux ans, intégré ou non au cursus de la Grande École. Rappelons que ce cycle développe quatre qualités essentielles: une très grosse puissance de travail, une excellente capacité à s’organiser, des connaissances de bases très solides et des capacités conceptuelles et déductives au meilleur niveau. Mais ce qui est plus important encore, c’est que ce dispositif, ou ses principes, est compris et repris dans les deux régions qui contribueront le plus au développement de l’enseignement supérieur :

  • L’Asie, où l’accès aux meilleures institutions en particulier dans les deux plus grands pays de la planète, la Chine et l’Inde, est fondé sur des concours nationaux eux-mêmes fondés sur l’évaluation du niveau en sciences de base,
  • L’Afrique, dont PAXTER NEXT15years nous dit que le nombre d’étudiants va continuer de croitre de plus de 20 millions à l’horizon 2030 et où de plus en plus de pays francophones adoptent le système des classes préparatoires.

Enfin, la cinquième spécificité est le travail de fond mené dans les cursus, à côté des savoirs, sur l’acquisition de savoir-faire et le développement du savoir-être. Les Grandes Ecoles ont très tôt compris qu’une vie professionnelle réussie suppose une excellente efficacité personnelle et une grande aisance dans le management d’équipe et donc dans les relations interpersonnelles. Une illustration en est une autre spécificité française : l’obligation dans la quasi-totalité des cursus d’un séjour long à l’étranger, le plus souvent vécu par l’étudiant comme un moment-clef dans son développement personnel.

On trouverait certainement d’autres originalités de grande valeur dans les autres composantes de notre enseignement supérieur. Mais au moment où la compétition mondiale va s’intensifier, défendons celles des Grandes Écoles, dont la valeur et la reconnaissance à l’international sont désormais des faits d’expérience.

 

Hervé Biausser, pour PAXTER

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