Etudiants non européens : ne confondons pas stratégie et trésorerie

Dans un article publié dans la version numérique du journal Le Monde, j’évoquais avec François Germinet, Président de l’Université de Cergy-Pontoise, pourquoi une plus grande ambition de la France dans l’accueil des étudiants étrangers demandait que les universités et les écoles soient libres de fixer les frais de scolarité des étudiants non-européens, dans des limites qui pouvaient être fixées par décret.

Il est regrettable que cette orientation vers une plus grande responsabilité économique des étudiants étrangers, orientation d’importance stratégique pour le futur de l’université française, ait été polluée par des annonces budgétaires dont les contraintes sont telles, en n’incorporant pas le financement du GVT d’une année sur l’autre, que la perception de la décision devient : à somme constante, on nous demande de remplacer ce que nous recevions hier par ce que nous allons demander aux étudiants demain. Et la tactique immédiate devient immédiate sur l’horizon stratégique.

Nos universités et nos écoles ont besoin de ressources plus importantes, si l’on veut que la France reste un grand pays universitaire. Eduquer les étudiants étrangers représentera à la fois un facteur de rayonnement, une occasion de mettre en œuvre la vocation de service universel des institutions universitaires, et une véritable opportunité d’un développement nouveau sur ressources propres. L’état des finances publiques rend ce chemin nécessaire.

Mais il ne faut pas donner l’occasion de confondre l’avenir stratégique, qui se décide aujourd’hui, avec des contraintes à court terme de trésorerie de l’Etat. L’effet pourrait être aussi désastreux que la ponction de 100 M€ sur les fonds de roulement des établissements, qui venait démontrer que l’autonomie des institutions était bien théorique.

https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/12/03/etudiants-etrangers-donnons-nous-les-moyens-d-une-grande-ambition_5391788_3232.html

 

Pierre Tapie

%d blogueurs aiment cette page :